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Megève ne ressemble pas à une station. Elle ressemble à un village, parce qu'elle en est un, et qu'elle l'était bien avant la première remontée. Les ruelles sont pavées. Le clocher est médiéval. Les traîneaux attendent encore sur la place en janvier et personne ne s'en étonne. Ce qui a changé, dans les années 1920, c'est l'arrivée d'une Rothschild avec un goût prononcé pour Saint-Moritz et aucune intention d'y retourner. Ce qui a suivi, c'est un village de montagne qui a appris l'élégance sans en faire un discours. Que faire à Megève tient encore de cet équilibre : une matinée face au Mont-Blanc, une après-midi à ne presque rien faire, un dîner qui s'étire plus que prévu.
L'altitude n'est pas l'argument. À 1 113 mètres, Megève se tient plus bas que la plupart des stations françaises, et ses pistes regardent le plus haut sommet d'Europe occidentale plutôt que d'essayer de le concurrencer. Ce qu'elle offre, c'est un village qui vit toute l'année : des boulangeries ouvertes en juin, une place qui se remplit à dix-huit heures, une église de paroisse et non un centre construit pour la saison.
L'essentiel de ce que l'on voit est l'œuvre d'un seul architecte. Henry Jacques Le Même arrive dans les années 1920 et passe cinq décennies à définir ce que doit être un chalet : toits bas, larges avancées, bois clair, aucun effet. La moitié des Alpes le copie depuis.
Le village a hérité en chemin de son surnom de petite Suisse des Alpes, et il en a gardé les manières. Le cachemire au petit-déjeuner. La fourrure en terrasse. Personne qui se presse.
Le centre est piéton et assez petit pour se traverser en dix minutes, ce qui n'est pas la question. La question, c'est de s'y arrêter.
Commencez par l'église Saint-Jean-Baptiste, dont le clocher donne l'heure à la place depuis le Moyen Âge. De là, le Chemin du Calvaire monte doucement vers le plateau du Mont d'Arbois à travers quinze chapelles et oratoires édifiés au début du XIXe siècle, seul site français classé Mont Sacré d'Europe. Comptez trois quarts d'heure à pied. Allez-y en fin de journée, quand la lumière tombe derrière les Aravis.ç
Redescendus, les calèches attendent place de l'Église, attelées aux chevaux l'été et transformées en traîneaux dès la neige venue. C'est une façon lente de voir le village, et plutôt une bonne.
Le shopping mérite sa propre matinée : joailliers, bottiers de ski, galeries d'art et antiquaires savoyards à quelques rues les uns des autres. Et avant de repartir, les glaçons de Megève, praliné enrobé d'une fine meringue, fabriqués par la même famille de confiseurs depuis plus d'un siècle.
Le domaine de Megève s'appelle Évasion Mont-Blanc et relie le village à Saint-Gervais, Combloux, La Giettaz, Saint-Nicolas-de-Véroce et Les Contamines. Plus de 400 kilomètres de pistes, en grande partie sous les arbres, presque toutes face au massif du Mont-Blanc.
Trois secteurs le composent. Rochebrune est l'historique, accessible par téléphérique depuis le village. Le Mont d'Arbois est le plus vaste, celui vers lequel la plupart des skieurs se dirigent. Le Jaillet est le plus calme, avec les plus belles vues sur le massif et la bonne habitude de prendre le soleil l'après-midi.
Le ski y est doux à l'échelle alpine. De longues bleues, de larges rouges, des pistes en forêt quand le temps se ferme. On ne vient pas ici pour les couloirs. On vient pour le déjeuner qui les surplombe.
Une bonne moitié des visiteurs d'hiver n'achètera jamais de forfait, et le village est organisé en conséquence.
Les attelages partent d'un site du plateau du Mont d'Arbois, accessible à pied, et le seul bruit est celui de la neige sous les pattes. Réservable du matin au crépuscule.
Crampons, piolet et une chute d'eau gelée — la plus proche se trouve à Chamonix, pas à Megève même. Encadré, et moins inquiétant qu'il n'y paraît.
Megève dispose de plusieurs pistes aménagées dans le secteur du Jaillet, éclairées jusqu'en soirée.
Pneus surdimensionnés, sentiers damés, aucune expérience requise. Les mêmes prestataires proposent VTT électriques et trottinettes des neiges.
Dix à quinze minutes au-dessus des champs de neige, avec décollage à ski quand les conditions le permettent.
Pour les bons skieurs, la descente depuis l'Aiguille du Midi à travers les glaciers du massif reste l'une des grandes journées des Alpes. Le guide n'est pas optionnel.
Les remontées rouvrent en juin et la montagne change entièrement de visage. Alpages, sonnailles, fleurs sauvages, et un vide que l'hiver ne donne jamais.
Le pays du Mont-Blanc est un territoire de marcheurs, des boucles de fond de vallée aux traversées à la journée. Le chemin du lac de Javen est celui que l'on fait avec un panier et aucune ambition particulière.
Le parcours 18 trous du Mont d'Arbois ouvre dès mai et compte parmi les plus hauts d'Europe. Le Mont-Blanc est visible depuis presque partout, ce qui ne facilite pas la concentration.
Départ depuis Praz-sur-Arly, tôt le matin, vers 7h00. La nacelle s'élève vers 2 000 mètres et les Alpes françaises, suisses et italiennes se découvrent d'un coup. Champagne à l'atterrissage, comme le veut l'usage.
L'Arve, la Dranse et le Doron coulent vif et froid jusqu'en juillet. Départs de Passy, à 25-30 minutes de route, et de Chamonix, accessible dès sept ans.
La façon la plus simple de parcourir les sentiers au-dessus du village sans en payer chaque mètre.
Marcher sur les chemins d'alpage avec un chien de traîneau attelé à soi. Improbable, et l'une des choses dont les voyageurs reparlent ensuite.
Les vols d'été sont plus longs et plus doux que ceux d'hiver, avec toute la vallée verte en dessous.
Megève prend la table au sérieux. Des étoiles au Michelin dans le village (Vous et Flocons de Sel), des restaurants d'altitude que l'on rejoint en télécabine, et une tradition savoyarde du fromage fondu qu'aucun raffinement n'est parvenu à déloger.
Pour le déjeuner en altitude, la terrasse au sommet du téléphérique de Rochebrune reste le classique : viandes à la braise, un verre de roussette, le Mont-Blanc en face.
En bas, dans les alpages, Le Bistrot de L'Alpaga relit la cuisine savoyarde en plus léger. Chaises de bois brut, banquettes de velours, une salle faite pour les soirs d'hiver. La carte s'appuie sur les producteurs de Haute-Savoie : salaisons de la Maison Baud, truite fumée maison, beaufort et reblochon des coopératives de la vallée. Avant le dîner, le Bar de L'Alpaga sert des cocktails construits sur les herbes du potager et les alcools des alentours, les Alpes plein cadre.
Le village va du chalet familial aux adresses dont on parle le plus dans les Alpes. Pour un séjour légèrement à l'écart du centre, L'Alpaga, un hôtel de luxe à Megève posé dans les prairies sous le Mont d'Arbois met les pistes et le village à quelques minutes, avec un spa, une piscine chauffée et un potager entre les deux.
Quel que soit votre choix, réservez tôt. Megève affiche complet pour Noël, février et la mi-août longtemps à l'avance.
Genève est l'aéroport le plus proche, à environ 70 kilomètres et une heure quinze de route. Les transferts s'organisent facilement et la location de voiture se fait en aérogare, même si l'on peut très bien s'en passer une fois sur place.
En train, Sallanches est la gare la plus proche, à douze kilomètres du village et desservie par les TGV depuis Paris. Annecy est à une heure de route, Chamonix à trente-cinq minutes, Lyon à un peu plus de deux heures.
Megève est connue pour être un village médiéval et non une station construite, pour ses vues sur le Mont-Blanc, pour sa gastronomie, et pour une certaine élégance discrète qu'elle porte depuis les années 1920.
Trois à cinq jours est la réponse habituelle. Un long week-end suffit pour skier, bien manger et parcourir le village. Une semaine permet d'atteindre Chamonix, Annecy et les Aravis sans courir.
Oui, et une large part des visiteurs d'hiver ne skie pas. Chiens de traîneau, luge, raquettes, spas, boutiques et longs déjeuners en altitude remplissent les journées sans difficulté.
Janvier et février pour la neige, juillet et août pour la montagne en fleurs, et septembre pour marcher sans la foule, dans la plus belle lumière de l'année.